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Changer ses pratiques avec le PMAZH

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Pierre PELTIER, éleveur à Clairamais, témoigne.

Le Programme de Maintien de l’Agriculture en Zones Humides (PMAZH) financé par l’Agence de l’Eau Artois-Picardie concerne aujourd’hui 8 territoires. Parmi eux, le Marais Audomarois, où l’animation du PMAZH est portée par la Communauté d’Agglomération du Pays de Saint-Omer (CAPSO). Dominique PELTIER, et son fils Pierre, éleveurs à Clairmarais font partie des 30 éleveurs engagés. 

Quand avez-vous intégré le programme? 
Fin 2017, peu après le lancement du programme sur le marais, nous avons été contactés par l’animateur de la CAPSO pour nous inviter à une réunion en Basse Vallée de la Slack. C’est suite à cette réunion où des éleveurs participant au PMAZH ont témoigné de leur expérience avec la démarche Pâtur’Ajuste que nous avons décidé de rejoindre le programme. 

Pourquoi? 
On se sentait pleinement concerné puisque la ferme se situe dans le marais. Quasiment 100% de nos prairies sont humides! Nous souhaitions aussi travailler sur les fourrages, notamment le pâturage car nous avons pour projet d’augmenter le cheptel sur une surface en prairie inchangée. De part mon projet d’installation, je souhaitais connaître toutes les possibilités en m’inspirant de ce qui se fait ailleurs.

Quelles sont les actions auxquelles vous avez participé? 
La Gestion Technico-Economique donne une vision d’ensemble de l’atelier bovin viande et de chiffres détaillés poste par poste. Cela nous aide à optimiser la gestion du troupeau et à nous conforter dans nos choix d’un point de vue économique. La maîtrise du parasitisme aussi, nous avons bénéficié d'un pack d’analyses entièrement pris en charge. Depuis, nous sommes passés des traitements antiparasitaires systématiques au cas par cas avec à la clé une économie de 800€ de vermifuge, le tout sans compromettre la santé des animaux.
Depuis un an, nous testons la démarche Pâtur’Ajuste avec d’autres éleveurs du marais. 

Qu’avez-vous pu tester à travers la démarche Pâtur’Ajuste? 
Comme nos prairies sont humides, il est rare de sortir les bêtes avant le mois de mai par rapport à la portance. On pensait que si on mettait directement les vaches dans la parcelle, elles gâcheraient de l’herbe. L’année dernière, le principal changement a été de « faire entrer les bêtes » dans de l’herbe haute et épiée sans fauche préalable. Nous avons remarqué que les vaches étaient plus calmes et plus respectueuses des clôtures car elles se rassasiaient rapidement et facilement ! Cela nous a permis de passer l’été plus facilement malgré le temps sec que nous avons connu. Nous avons aussi gagné en temps de travail car nous avons très peu distribué. Nous avons économisé pas moins de 40 boules de fourrage.
Nous avons été plus loin cette année, en n'apportant aucun apport d’engrais minéral sur l’ensemble des prairies pâturées. Pour le moment, nous sommes satisfaits, le chargement est plus élevé que l’an dernier. Cela représente une économie non négligeable (1500 uN).
Avec Pâtur’Ajuste, nous avons pris conscience que l’apprentissage des jeunes animaux est primordial. Chez nous, les veaux pâturent très tôt et sur des prairies diversifiées. La saison suivante, les génisses pâturent sur des prairies encore plus diversifiées. Lorsqu’elles arrivent dans le troupeau des vaches, elles sont donc habituées à manger de tout et ne font pas les difficiles. Elles apprennent également à leur veau à manger de tout. La boucle est bouclée. 

Et vis à vis de votre projet d’installation, que vous apporte le PMAZH? 
L’accompagnement permet de me rassurer dans mes choix, de toujours veiller à la cohérence de notre système. Le programme me conforte dans l’idée que le fonctionnement des prairies naturelles est différent de ce qu’on peut apprendre dans les livres. Cela me permet d’envisager l’avenir plus sereinement.
Lors des journées collectives, je me rends compte que nous avons tous des systèmes et des façons de faire différents et pourtant des ressemblances existent. C’est important de continuer ce type de programme et de s’ouvrir aux nouvelles façons de faire, l’agriculture évolue sans cesse. 

Contact: Anne-Laure DEMARTHE au 06.84.79.27.84