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Qualité de l'eau dans l'Oise: collectivités et agriculteurs se mobilisent

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Un bilan des actions mises en place sur les bassins d’alimentation de captage (Bac) d’Auger-Saint-Vincent et Baugy-L’Hospice a été dressé.

Sur le territoire du Bac d’Auger-Saint-Vincent, boisé à 33%, les 2.180 ha sont exploités par 30 agriculteurs et quatre captages alimentent 14 communes. Confronté à des problèmes de qualité d’eau, principalement nitrates, ce captage a été classé Conférence environnementale.

Un diagnostic multi-pressions a donc été réalisé. Cet état des lieux a abouti à un plan d’actions engageant l’ensemble des usagers : artisans, industriels, collectivités, agriculteurs.

En 2015, 12 agriculteurs représentant 72% de la SAU du Bac se sont constitués en association, Is’Eau, accompagnés par le bureau d’étude Péri G.


Les actions se sont déployées sur trois niveaux :

  • territorial avec une unité de méthanisation et filière luzerne,
  • collectif avec un contrat azote et une expérimentation couverts végétaux,
  • individuel avec l’aménagement des corps de ferme.

Si une partie de ces actions peut être considéré comme classiques, la mise en place d’une filière luzerne et d’une unité de méthanisation est une réelle innovation basée sur le principe de la complémentarité entre systèmes de cultures, mais aussi entre systèmes d’exploitations.

Plus concrètement, 100 ha de luzerne ont été implantés, la production est valorisée par un atelier d’engraissement de 600 taurillons, les effluents d’élevage alimentent un méthaniseur dont la chaleur permet le séchage du fourrage et le digestat fertilise les parcelles d’une exploitation engagée en agriculture biologique.
Is’Eau a été labellisée GIEE en 2015 et le concours financier de l’Agence de l’eau Seine-Normandie (AESN) a permis la concrétisation de ces actions.


Investir dans l’animation durable des territoires
Le Bac de Baugy-l’Hospice est le plus important du département: 24.500 ha de SAU exploités par un peu plus de 240 agriculteurs. Il alimente les captages du Pays du Compiègnois avec plus de 3 millions de m3 prélevés par an. Ce bassin a été classé Grenelle en 2009.

Un diagnostic a alors été réalisé et s’en est suivie la mise en place d’un plan d’actions de trois ans validé par le préfet. Très rapidement, un partenariat s’est construit entre la Communauté d’agglomération de Compiègne et la Chambre d’agriculture, la collectivité assurant le pilotage du plan d’action, la Chambre en assurant l’animation et l’accompagnement agronomique des agriculteurs.

La mise en place de ce travail s’est faite en même temps que le déploiement du PDRH (programme de développement rural hexagonal). Cela a permis, avec l’appui financier de l’AESN, de proposer aux agriculteurs des mesures agro-environnementales de réduction d’usage des produits phytosanitaires.


Lancé en 2008, les débuts sont timides, les craintes de diminution de rendements sont importantes. Au printemps 2009, sur 240 agriculteurs, seulement 9 engagements. Le travail d’animation de terrain, les temps d’information collectifs et partages d’expériences, le conseil individuel et la valorisation des essais ont porté leurs fruits.

Pour 2016, plus de 11.000 ha, soit près d’un sur deux, sont engagés dans une réduction d’usage des produits phytosanitaires. Les bilans annuels réalisés permettent d’accompagner la démarche, les rendez-vous techniques proposés chaque année sont autant d’occasions de partager les expériences de changement de pratiques agronomiques.


Pascal Van De Weghe, agriculteur à Angivillers, a témoigné sur son parcours. Engagé en 2010, il a modifié plusieurs de ses pratiques, fait l’acquisition d’une rampe de traitement localisé sur le rang, ce qui lui a permis de réduire de 2/3 les doses de produits appliquées sur une culture comme la betterave, sans baisse de marges.
La réussite de ce territoire dans la réduction d’usage des phytos tient dans l’animation terrain, la constance des dispositifs techniques et financiers, l’engagement de l’opérateur et la motivation, donc la mobilisation des agriculteurs.

Contact Chambre d'agriculture de l'Oise : Laurence Legrand