Vous êtes ici : Accueil > Actualités > Projet Alimentaire Territorial (PAT) : quelles opportunités pour les agriculteurs ?

Projet Alimentaire Territorial (PAT) : quelles opportunités pour les agriculteurs ?

Accéder aux flux rss de notre siteImprimer la page
Le PAT est bon moyen de développer l'approvisionnement local de la RHD

Le PAT est bon moyen de développer l'approvisionnement local de la RHD

Faire entendre sa voix, se faire connaitre, se rapprocher de sa collectivité, trouver des partenaires, développer des projets individuels et collectifs, identifier des financements : voilà les intérêts multiples des Projets Alimentaires territoriaux expliqués par Philippine Fiess, spécialiste du sujet à la Chambre d’agriculture de la Somme.

Le Projet Alimentaire Territorial, qu’est-ce que c’est ?

Créé lors de la loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt en 2014, son but est de valoriser et d’encourager le développement de l’agriculture dans sa diversité. Il s’agit aussi de soutenir l’activité économique locale et de développer de nouveaux débouchés et filières.

Tous les agriculteurs sont concernés : qu’ils soient en circuits courts ou longs.

Il est généralement porté par des collectivités à différentes échelles (commune, intercommunalité, département).

Ce qui le caractérise, c’est qu’il est élaboré de manière concertée avec une grande diversité d’acteurs : les agriculteurs ne sont pas les seuls impliqués. On retrouve aussi les collectivités, les entreprises agricoles et agroalimentaires, les consommateurs, les entreprises de transformation, de distribution et de commercialisation. Sont également associés les acteurs de l’économie sociale et solidaire et les acteurs de la santé.

Les PAT sont un véritable enjeu au niveau national…

Tout à fait, d’ailleurs l’Etat a pour objectif de développer plus de 500 PAT pour 2022. Depuis leur création en 2014, 150 projets alimentaires territoriaux ont vu le jour en France. Dans la Somme, deux sont officiellement connus et portés par la Communauté d’Agglomération d’Amiens Métropole et la Communauté de Communes Somme Sud-Ouest.

Chaque année, le Ministère propose des aides pour financer la première étape de diagnostic des Projets Alimentaires Territoriaux. Des aides sont aussi prévues pour le financement d’actions concrètes.

La crise sanitaire de la Covid-19 n’a fait que renforcer la volonté de l’Etat d’accompagner les collectivités dans leur déploiement. A ce titre, il profite du plan de Relance pour augmenter le budget destiné aux financements.  

Vous parliez de diagnostic ?

La mise en place d’un PAT commence généralement par la réalisation d’un diagnostic agricole et alimentaire.

Le but est de mieux connaitre les atouts et les contraintes agricoles, sociales, économiques et environnementales du territoire concerné.

S’en suit alors une phase de concertation et de dialogue territorial : c’est la phase la plus importante à ne pas manquer pour les agriculteurs !

Par l’intermédiaire d’entretiens individuels, de réunions collectives, d’enquêtes en ligne ou de forums, les acteurs locaux sont invités à travailler ensemble, à échanger sur leur vision du projet, leurs attentes et les actions qu’ils souhaiteraient voir sur le territoire.


En quoi est-ce important pour les agriculteurs de s’impliquer dans cette phase de diagnostic ?

Si les Projets Alimentaires Territoriaux traitent principalement de l’agriculture et de l’alimentation, on constate malheureusement que peu d’agriculteurs prennent part à au dialogue territorial quel que soit le type d’événement organisé, à moins de faire partie d’un réseau national (Bienvenue à la Ferme, Amap, Bio, etc.).

Cela s’explique parfois par un manque de communication autour de ces événements ou simplement parce que les agriculteurs ne voient pas forcément l’intérêt d’y participer.

Pourtant, durant cette phase de concertation, les agriculteurs ont enfin la parole pour représenter leur agriculture, faire part de leurs idées et de leurs projets : magasin de producteurs, guide des producteurs du territoire, atelier de transformation, etc.

Rien qu’en participant à ces événements, ils deviennent plus visibles auprès de la collectivité ce qui peut amener à des partenariats :  visites d’élèves sur l’exploitation, vente des productions en restauration scolaire.

Il est important de rendre à César ce qui appartient à César ! Et si aucun agriculteur ne vient représenter les agriculteurs du territoire, comment être sûr d’avoir un projet prenant en compte leurs contraintes, leurs attentes et leurs envies ?

Concrètement, à quoi un PAT aboutit-il ?

Vous l’aurez compris, toute la phase de diagnostic partagé permet la mise en place d’une « stratégie alimentaire territoriale » valable sur plusieurs années.

Concrètement, l’ensemble des actions proposées par les acteurs sont reparties selon différents enjeux. Par exemple, l’un des enjeux peut être de promouvoir l’agriculture locale et une action concrète peut être de créer un guide des producteurs à diffuser auprès des habitants, des offices du tourisme.

Ces enjeux peuvent être orientés sur différents axes comme : la production, la transformation et la distribution alimentaire, la nutrition et la santé, les produits locaux dans la restauration collective, l’accès à alimentation, la lutte contre le gaspillage alimentaire, l’évolution des pratiques agricoles, la protection et la gestion du foncier agricole et encore bien d’autres.

Il est donc important que les projets des agriculteurs soient pris en compte dès le début. Cela donne aussi l’opportunité à chacun de rejoindre un projet et de bénéficier d’un accompagnement et de financements.

Et maintenant : quelle démarche à suivre ?

Il est important, voire indispensable, que les agriculteurs participent au PAT. Pour se faire, si souhaitez savoir si un PAT est en cours sur votre territoire, je vous conseille de vous rapprocher auprès de votre collectivité ou de vos élus.

S’il n’existe pas de PAT sur votre territoire, n’hésitez pas à échanger avec les élus sur les questions de l’agriculture et de l’alimentation du territoire.

En tant que Chambre d’agriculture, nous sommes là pour répondre à vos questions, contactez-moi !

 Contact:Philippine FIESS - Chambre d'agriculture de la Somme, chargée de mission Projet Alimentaire Territorial - 06 86 37 56 78

 



5 intérêts à se positionner lors de la phase de concertation des PAT  

  1. Vous vous rendez plus visible votre exploitation et vos productions en montrant votre intérêt pour le projet
  2. Vous échangez et partagez vos expériences
  3. Vous exprimez vos idées, vos projets, vos attentes et vos remarques
  4. Vous défendez l’agriculture sur votre territoire
  5. Vous contribuez à un projet à échelle plus large qui concerne directement l’économie agricole de votre territoire et son futur