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Du biogaz et de la spiruline dans le bocage amandinois

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Voilà plus de deux ans que l'unité de Bulion Méthanisation située à Bruille Saint-Amand, entre Saint-Amand les Eaux et la frontière belge, est en service

Si l’unité permet de transformer le fumier, un atelier de spiruline a également était mis en place pour valoriser la chaleur et le biogaz. Un dispositif inédit que nous présente Jonathan Bulion.

Expliquez-nous ce qui vous a poussé à la méthanisation ?
C'est lors d'un voyage en Allemagne où nous devions tester du matériel agricole que nous avons découvert la méthanisation. Celle-ci était présente dans presque chaque village. De mon côté, la méthanisation était au programme de licence... Tout cela nous a convaincus, le projet a démarré en 2014, l'unité a été fonctionnelle en avril 2017. Etant dans une région d'élevage, plusieurs exploitations voisines ont été intéressées par des échanges fumier, lisier contre du digestat ou de la paille. Il y quelques années, nous avons arrêté l'élevage bovin, la question de la valorisation de nos prairies permanentes s'était aussi posée à ce moment là. Si nous vendons le foin de la première coupe, les coupes suivantes  dites "coupes de nettoyage", de moins bonne qualité et au rendement plus aléatoire, alimentent le méthaniseur.


Qu'est-ce qui rentre dans votre unité ?
Chaque jour, 19 tonnes de matières sont incorporées dans le méthaniseur. Entre 50 et 60% sont du lisier et du fumier qui proviennent de 7 exploitations agricoles voisines. Cela a permis d’éviter de gros frais à deux d'entre elles qui devaient faire leur mise aux normes, c'est à dire investir dans la construction de nouvelles capacités de stockage pour leurs effluentsLe reste provient de notre exploitation : les 2ème et 3ème coupes de prairies, du maïs et des CIVE. Nous recevons un peu de déchets extérieurs comme des tontes de pelouse et des déchets végétaux.


Que produit-elle ?
Le gaz produit est brûlé dans un moteur de cogénération qui produit de l'électricité. Elle est injectée dans le réseau et approvisionne environ 400 foyers. La cogénération produit aussi de la chaleur qui chauffe l'unité de méthanisation et un atelier de production de spiruline "Spiruline de l'Amandinois", une micro algue riche en protéine qui pousse dans des bassins à 30°C. Nous produisons 350 kg par an et la commercialisons pour 50% en direct (marché et sur le site le vendredi soir) et en magasins bio et parapharmacies.
Environ 5 800 tonnes de digestats (liquide et solide) sont produites par an. Le digestat est ce qui reste des matières après avoir été méthanisées. Nous nous chargeons du transport et de l'épandage, sur nos terres et les terres des exploitations qui nous fournissent de la matière. Il s'agit d'un partenariat entre nous. Le digestat nous permet d'éviter l'achat et l'utilisation d'environ 18 tonnes d'engrais minéraux par an.


Comment a réagi le voisinage?
Nous avons beaucoup communiqué avec nos voisins avant la mise en place de l'unité pour leur expliquer notre projet. Pour nous comme pour eux, il était important d'avoir un site propre, les accès sont donc bétonnés. Nous avons travaillé l'intégration paysagère, d'où le bardage en bois. Des odeurs peuvent survenir au moment du stockage de certaines matières et lors de leur intégration dans le méthaniseur. Nous limitons au maximum leur temps de séjour sur le site et sommes vigilants aux déchets végétaux extérieurs que nous recevons. Nous avons été confrontés à quelques déchets malodorants que nous ne prendrons plus dorénavant. Nous avons évidemment échangé avec nos voisins à ces moments-là.